JEAN BOULY



Jean Boully est né le 18 mai 1944, à Varennes-Saint-Sauveur, une cité de 1000 habitants à l'extrême sud de la Bourgogne et de la Saône et Loire, aux portes de l'Ain et du Jura...

Issu d'une longue lignée de paysans, il a trimé à la terre dans son hameau natal de La Provenchère, frontière précise enttre le nord et le sud de la France...

A 19 ans, il est monté à Paris, pour y mener une carrière de journaliste-écrivain : création de magazines (dont "Jogging International"), direction de l'autre trihebdo français ("L'Aisne Nouvelle"), création d'ouvrages pour Larousse, reporter 11 ans à "Miroir du football" (1965 - 1976), édition de 10 livres. Puis, après avoir parcouru la planète entière, il a décidé de revenir au pays : c'était fin août 1998...

Il vit désormais à Louhans, collaborant au journal dans lequel il a appris à lire et à écrire... "L'Indépendant du Louhannais et du Jura".


"Jean Boully, le Bressan de toujours, est un poète... Poète des racines et de cette terre dont il est sorti, il en éprouve à chaque phrase la profondeur, la beauté et l'éternité... C'est une plume lyrique dont les mots dépasseront nos frontières, dont la petite musique se fera entendre plus loin encore, pour la réputation et la fierté de notre Bresse, que nous ne célébrerons jamais assez !" (Arnaud Montebourg, député)



- Les Meilleurs de la Moto (1979)
- Les Stars du Sport (1987)
- Les Stars du Football (1988)
- Les Stars du Tour de rance (1990)
- Les Grands Vainqueurs du Tour de France (1992)
- La Fin des Péquenots (1996)
- Péquenots de Bresse (1997)
- Le Bressan (1998)
- La Provenchère (2000)





      



André Baveux laisse alors la parole à M. Frisepoulot, qui donne son point de vue sur les fameux sabots, déjà évoqués : "Pour faire le point sur une possible rénovation des arts bressans face aux artisans, les vieux comme les jeunes, je voudrais retrouver les anciens maîtres, et pour ce faire, remonter aux véritables sources. Pour chaque métier d'art, il y a de bonnes leçons à tirer et des enseignements à retenir. Or, il y a présentement des possibilités... et un certain nombre de débouchés pour l'avenir.

Prenons les sabotiers, l'un des plus vieux métiers bressans, puisque dans les anciens temps, notr epays était très humide, et qu'il est resté "gouilleux", en raison de son sous-sol glaiseux qui retient l'eau. Nos ancêtres les plus lointains, "au diable à quatre", chaussaient des sabots plus chauds et autrement imperméables que les souliers de cuirs actuels. D'autant plus qu'en Bresse, nous avons tous les bois à sabots : la verne, le biou (bouleau) et le saule, qui fait les sabots si légers.

Pour les terrassiers, les puisatiers, les meuniers, on fabriquait les "bottes à sabot"... La botte de cuir était ajustée sur le sabot, d'une manière aussi imperméable que possible. En réalité, ça ne tenait pas très longtemps, et ça ne valait pas nos modernes bottes en plastique ou en caoutchouc.

Les sabots étaient portés tous les jours : les dimanches et jours de fêtes, aux réunions familiales, aux grands évènements, aux visites, partout. Il y avait les sabots de foire, ou "sabots du lundi".
Il en existait de nombreuses catégories... Les "sabots crevis" (ouverts) étaient blancs ou teintés de noir, parfois également "brigolés", c'est-à-dire comportant des dessins et une patine brillante, tel un vernis : le "tien de reloge", un genre de vernis à l'alcool, vendu chez le droguiste.
Les "sabots à coussin" étaient bien plus légers, plus élégants et portaient un coussin de cuir au cou-de-pied, coussin comportant un dessin en son milieu. Naguère, ils présentaient des "brigolons" (fleurs, motifs), gravés à la demande par le sabotier.
Et puis existaient les "sabots à bride", pour les jeunes filles et les femmes. Légers, ils étaient, si l'on peut dire "à claire voix", puisque la bride de cuir était étroite et ajustée sur le cou-de-pied... En bois léger, ils étaient vernis et décorés de fleurs et de fruits, le tout en couleur, parfois même avec "des argents et des ors" ! Ces sabots n'étaient pas de tous les jours, ou même du lundi.
C'étaient des sabots fins, pour le bal et à l'huteau, pour aller à la noce ou à la première communion, pour "porter ses bugnots"... et pour être marraine. Juste avant la guerre 14-18, ces divers sabots étaient encore bien portés... et l'on a vu nombre de sabots à bride qui étaient de véritables oeuvres d'art.

Si l'on peut édifier un jour une Maison de la Bresse, il faudra installer une salle qui soit un Musée de l'art du sabot à travers les âges... Par ailleurs, si les quelques derniers sabotiers bressans étaient quelque peu avisés, ils retrouveraient ces vieux dessins, afin de vendre aux touristes, aux voyageurs, bref à de nombreux amateurs potentiels, ces superbes réalisations d'antan..."

( extrait de "La Provenchère" )




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