BROSSARD DE MONTANEY
Enrôlement de TIVAN



Jacques Brossard de Montaney naît à Bourg en Bresse en 1638, et s'y éteint le 28 mai 1702.
Il est le fils d'un Conseiller au Présidial. Il étudie le droit à Paris, et de-vient lui aussi conseiller au Présidial. Il a publié plusieurs recueils:

- Recueil de diverses pièces de poésie sur les principaux événements des dernières campagnes du Prince d'Orange.

- L'Enrôlement de Tivan (1675).
L'histoire se déroule à Vandeins, une ville non loin de Bourg en Bresse, dans la ferme du nommé Tivan. Celui-ci a décidé de s'enrôler dans l'armée. Il ne cesse de vanter les mérites et les avantage du métier de sol-dat. Mais il s'oppose à son cousin Colo, plus censé que lui, et à sa femme, Berthe, qui en a assez de sa folie. Les recruteurs lui font miroiter monts et merveilles, conscients qu'ils ont en face d'eux un paysan fort niais mais ambitieux qu'ils peu-vent manipuler à leur aise. Même sa cousine Margueta ne peut le retenir. Il part servir le roi.



Sur l'Usurpation de l'Angleterre,
et la révolte des Anglais au Prince d'Orange


Toy que l'Ambition pousse de crime en crime,
Dont un Meurtre odieux fonda l'autorité,
Esprtr toujours chagrin et toujours agité,
Que déchire l'envie, et que la haine anime ;

Tout ce qui t'agrandit te paraît légitime,
Tu joints la perfidie à l'infidélité,
Et quiconque s'oppose à ton avidité,
Devient de tes fureurs l'innocente victime :

Aujourd'hui tu trahis un légitime Roy,
Et ses lâches sujets conspirent avec toy
Dans l'affreux attentat que l'Enfer te suggère.

Tout fléchit, tout se rend, mais l'on n'est pas surpris
Qu'un peuple scélérat qui fut bourreau du père
Soutienne le Tyran qui détrône le fils.



Sur les Ligues d'Augsbourg,
et les secrètes Assemblées des Princes Confédérés au Roy


Héros, que les Vertus élèvent jusqu'aux Cieux,
En vain contre ta gloire on fait encore des brigues,
La haine des jaloux, ny leurs lâches intrigues
N'ont jamais arrêté ton bras victorieux.

Ta prudence confond les complots odieux
Que forment contre toy tant d'impuissantes Ligues ;
Tu vois avec dédain les intrigues fatigues,
Que se donnent sans fruit des Princes envieux.

Tous ces lâches rivaux que déchire la haine,
N'osent faire éclater une entreprise vaine,
Si l'univers uni ne conspire avec eux.

Mais quand, pour obscurcir ta gloire, qui les blesse,
Ils cherchent en secret tant de détours honteux,
Ils craignent ta puissance, et montrent leur foiblesse.


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